Ministère du Travail, l’Emploi, de la Formation technique et professionnelle, et de l'Insertion des jeunes

Sceau de Republique Gabonaise

Discours de clôture de son Excellence ALI BONGO ONDIMBA lors des assises sociales du Gabon.

Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions Constitutionnelles,
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Représentants du Corps diplomatique et consulaire,
Mesdames et Messieurs les Représentants des partenaires au développement,
Mesdames et Messieurs,


Nous voici parvenus au terme de nos travaux.
Depuis hier, nous avons eu droit à de brillants témoignages de la part de nos participants internationaux, tout comme de nos compatriotes qui ont bien voulu nous partager leurs expériences de terrain.
Vos différents échanges nous ont permis de mieux comprendre les écueils et par conséquent de mieux apprécier les modalités et opportunités par lesquelles nous pouvons réussir la transformation des conditions sociales de la vie des Gabonaises et Gabonais, et en particulier celles des populations les plus vulnérables.
Je vous en remercie et vous félicite vivement pour la qualité des contributions.


     Monsieur le Premier Ministre,
Vous disposez à présent, complément des éléments d’analyses et de diagnostics préalables aux présentes assises, d’autres informations et expériences pour réformer notre système social et mettre en oeuvre la nouvelle Stratégie d’Investissement Humain du Gabon et concrétiser ainsi, le pacte social
sur lequel nous nous sommes engagés, celui d’un Gabon plus solidaire et responsable.

     Distingués invités, Mesdames, Messieurs,
Comme j’aime à le répéter, les réformes pour réussir, nécessitent la conjonction de quatre facteurs primordiaux : Les Hommes ;

  • Les Hommes ;
  • Les éléments normatifs ;
  • L’infrastructure et enfin ;
  • Les ressources budgétaires.

Ici, dans cette même salle et dans les différents ateliers auxquels l’engagement, l’irresponsabilité, le dilettantisme, en un mot notre rapport au travail, notre rapport à la chose publique doivent absolument changer. Vous comprenez maintenant le choix du thème de notre atelier, « changeons de mentalité ».

     Oui, Mesdames et Messieurs,

Nos mentalités doivent évoluer. Elles semblent avoir été colonisées par l’argent facile, l’appât du gain, la volonté de s’enrichir vite et sur le dos au contribuable comme nous l’a rappelé hier une de nos panelistes.
Toutes choses absolument incompatibles avec notre volonté de changement et de développement.
Nous devons donc « décoloniser nos mentalités » pour reprendre la belle formule de mon ami et frère, le Président CHISSANO.

La véritable richesse d’une Nation, ce sont ses femmes, ses hommes et sa jeunesse, en un mot, son capital humain :

Des hommes et des femmes bien formés, intègres, patriotes, capables de relever tous les défis auxquels nous devons faire face.

     Monsieur le Premier Ministre,

Le choix des femmes et des hommes pour conduire avec succès et efficacité les reformes relatives à la mise en oeuvre de notre pacte social est, vous l’aurez compris, de la plus grande importance.

De plus, on voit qu’il est essentiel de mettre en place un dispositif concret d’amélioration des conditions de leur travail.

     Mesdames et Messieurs,

Aucune réforme disais-je, ne peut aboutir si elle n’est assise sur un ensemble de lois et de textes règlementaires clairs et précis, c’est-à-dire qui permettent de dire ce que l’on veut faire, comment on va le faire et avec quelles ressources on va le mettre en oeuvre.

     Monsieur le Premier Ministre,

Il vous faudra donc vous assurer, avec la collaboration du Parlement, que chaque action identifiée recevra la bonne codification pour une application efficiente.
De même, l’architecture des structures et infrastructures de mise en oeuvre de notre politique sociale devra être remodelée, et mise en adéquation avec nos ambitions.

     Monsieur le Premier Ministre,
     Mesdames et Messieurs, Distingués invités,

L’efficacité d’une politique publique, pour ne pas dire l’ambition et la détermination de sa mise en oeuvre, repose également sur le niveau des ressources financières que l’on mobilise.

J’ai décidé par conséquent, que notre budget national consacrera, sur les trois prochaines années, une enveloppe globale de 250 milliards de francs CFA pour financer notre politique sociale à travers notamment les filets de protection économique et transferts solidaires, le développement des activités génératrices de revenus, la mise en place d’un fond pour le microcrédit et l’amélioration du service public de l’emploi.

Bien entendu cet effort budgétaire vient compléter les autres politiques publiques déjà mises en oeuvre pour l’amélioration des conditions de vie de nos compatriotes.

Il faudra apporter ces aides aux populations gabonaises les plus vulnérables pour mieux les protéger, mieux les loger, mieux les nourrir et mieux les soigner, afin de leur rendre leur dignité, mais aussi les rendre plus autonomes, pour qu’elles deviennent de véritables acteurs du développement de notre pays.

Dans le cadre de la prise en charge des soins de santé pour les familles économiquement faibles, j’ai décidé que la solidarité nationale joue pleinement son rôle, et tout particulièrement dans les domaines suivants :

  • La prise en charge à 100% des malades atteints de cancer ;
  • La prise en charge à 100% des familles vivant dans une grande précarité, et ce, après enquête sociale ;
  • L’uniformisation du remboursement de tous les médicaments génériques à hauteur de 80% ;
  • La prise en charge totale des frais médicaux aux urgences médicales, les premières 24 heures, lorsque le diagnostic vital est engagé, pour tous les Gabonais, qu’ils soient assurés ou non ;
  • La prise en charge des travailleurs de secteur privé par la CNAMGS, à compter du 1er juin 2014.

Pour accompagner ces mesures je vous demande, et notamment à la CNAMGS, d’intensifier sans délais les campagnes d’immatriculation des Gabonais économiquement faibles. Dans ce contexte nouveau, le certificat de résidence exigé par la CNAMGS pour l’immatriculation des personnes économiquement faibles devra désormais être délivré gratuitement.

De même les services de la solde et du trésor devront payer les allocations familiales des agents de l’Etat à compter du dernier trimestre 2014 sur la base du fichier fourni par la CNAMGS, ceci dans l’objectif d’inciter les agents publics à faire immatriculer leurs enfants à l’assurance maladie et d’éviter les fausses déclarations.

Pour poursuivre notre effort d’une solidarité plus accrue, j’ai décidé à nouveau d’augmenter les allocutions familiales des économiquement faibles d’une manière progressive dès le mois de juin 2014, de 4000 à 5000 francs CFA par enfant et par mois. La prochaine réévaluation interviendra à compter du mois d’octobre 2014 après la seconde phase d’immatriculation de masse des économiquement faibles.

Enfin, la mise en place d’une base de données avec un identifiant unique pour l’ensemble des citoyens est une nécessité, d’une part pour faciliter l’accès à l’aide sociale, et d’autre part, pour éviter la fraude qui pourrait rapidement nuire à la politique sociale que nous souhaitons mettre en place.

Toutes ces actions en faveur de la prise en charge de nos compatriotes ne sauraient être efficaces si elles ne s’accompagnent pas dans le même temps d’une qualité de service des soins de santé pour aboutir à l’amélioration recherchée.

     Mesdames et Messieurs,

S’agissant de l’employabilité des jeunes, j’ai décidé :

  • De la restructuration, sans délais, de l’Office Nationale de l’Emploi, avec le recensement et l’établissement d’une cartographie du chômage dans notre pays, le redéploiement des structures d’accueil ainsi que l’augmentation substantielle des ressources du Fond d’Insertion et de Réinsertion à la hauteur de nos ambitions ;
  • De l’instauration sans délai d’un contrat d’apprentissage jeunesse obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés d’une part et comme critère d’accès aux marchés publics, d’autre part.

     Monsieur le Premier Ministre,

Nous avons entendu nos jeunes à propos des difficultés qui sont les leurs pour trouver un stage de fin d’études. Je vous demande de travailler avec le patronat afin de leur proposer des solutions dès la prochaine rentrée académique.

A tous ceux qui sont à la recherche d’un emploi, et tout particulièrement à nos jeunes, je vous dis qu’aucun métier, aucun secteur d’activité, aucune opportunité ne doivent être négligés.

J’ai entendu comme vous ici, une de nos panelistes rappeler une vérité d’évidence : « la terre ne ment pas ». Et, j’ajouterai non seulement qu’elle ne ment pas, mais qu’elle vous rend au centuple ce que vous lui confiez.
L’agriculture, grande pourvoyeuse d’emplois, doit donc nous permettre de réduire notre dépendance alimentaire. Son développement est un impératif et une priorité nationale.

De même, tous les projets pertinents devront être regardés avec attention, car comme nous le rappelait un de nos jeunes participants, « ce n’est pas l’argent qui fait le projet, mais bien le projet qui fait l’argent ».

     Mesdames et Messieurs, Distingués invités,

Au-delà des mesures annoncées et de celles à venir, je souhaite que l’on retienne, de ces premières assises sociales, une réelle détermination à apporter des solutions concrètes aux attentes de notre jeunesse, à la détresse de certaines familles sans ressource, à l’espoir de ces femmes et de ces hommes qui veulent entreprendre pour retrouver la dignité que procure le travail.

Cependant, pour la réussite de notre projet social, je dois rappeler que la solidarité de l’Etat s’exprimera désormais en demandant un effort personnel de la part du bénéficiaire.

C’est tout le sens de la conditionnalité qui sera désormais attachée aux aides sociales dans notre pays et que chacun se doit de comprendre et d’accepter.

C’est animé de cet esprit que nous situerons pleinement dans une république véritablement sociale et solidaire conformément à l’esprit et à la lettre de notre constitution.

     Monsieur le Premier Ministre,

Je tiens à ce que nos engagements envers nos populations soient respectés. Je vous exhorte donc à me présenter, d’ici à la fin du mois de mai 2014, l’arsenal juridique et règlementaire devant sous-tendre les réformes que nous avons décidées, et dont nos populations attendent une application efficace et rapide.

     Sur ce, je déclare clos, les travaux des Assises Sociales du Gabon.
     Que Dieu bénisse le Gabon.
     Je vous remercie.

Modifié : 07 / 05 / 2015